Aussi loin que je m’en souvienne dans ma pratique divinatoire, j’utilise les cartes pour puiser dans mes ressentis.
À la base, c’était très intuitif : les informations venaient par fulgurance alors que je tirais des cartes.
Puis, j’ai découvert d’autres méthodes pour prédire l’avenir.
Et je me suis rendu compte que ces supports ne réagissaient pas pareil. Mes ressentis étaient plus ou moins fluides et surtout, certains supports parlaient différemment.
Alors, après quelques années à sonder mes cartes, les lignes de la main et des coquillages lancés à la volée, j’en suis venu à comprendre que tous les arts divinatoires ne sont pas fait pour tout le monde et n’apportent pas les mêmes éléments.
La fois où les cartes sont restées muettes
Il y a une fois où ça m’a particulièrement parlé : j’accueillais une consultante à mon cabinet. Accueil chaleureux, enthousiasme et petite blague pour détendre l’atmosphère étaient de la partie. Comme à mon habitude, j’avais commencé par un tour d’horizon pour voir ce qu’il en était de son actualité (c’était ma manière de montrer que mes ressentis étaient là, présents, et qu’ils pouvaient avoir confiance par la suite).
Et là, petit hic ! Mes cartes n’évoquaient rien, mes flashs étaient aux abonnés absents. J’avais cette impression d’être au milieu de l’océan, sans rien autour. Rien pour me rattacher.
Dans ces cas-là j’ai deux solutions :
- Capituler et laisser repartir bredouille ma consultante (ce qui arrive quand on est de bonne foi et que parfois les flashs ne sont pas là, après tout ce n’est pas une science exacte, mais plutôt un art).
- Utiliser un deuxième art divinatoire pour me relancer et voir les choses sous un autre angle de vue. C’est ce que j’ai fait : ma consultante m’a montré ses paumes et là, tout m’est paru clair, limpide et fluide.
J’ai rapidement compris que tous les supports ne réagissaient pas pareil et surtout, que certains me correspondaient mieux que d’autres.
Le mythe du praticien universel
On a souvent en tête qu’un praticien dispose d’une malle à outils avec plusieurs jeux et supports en fonction des besoins. Il lui suffirait de choisir entre un pendule, un oracle, un tarot ou une boule de cristal en fonction de ses besoins.
Car les présages viendraient d’ailleurs, et nous serions les messagers qui l’écoutons. Par conséquent, nous serions des praticiens universels qui peuvent tout maîtriser. Et si jamais nous étions « grippés » parce que nous avions du mal à lire dans les cartes, il nous suffirait d’étudier un manuel de plus, de faire ensuite une dizaine de tirages et le tour serait joué.
C’est parfois le cas. Mais souvent, on s’acharne à pratiquer une discipline qui n’est simplement pas la nôtre, alors qu’à côté, d’autres arts divinatoires attendent sagement d’être dépoussiérés, explorés, revisités et remis sur le devant de la scène.
Ils sont à l’écart parce qu’on n’y pense pas, plus, ou qu’on les trouve moins techniques, moins « professionnels », vieillots ou tout simplement moins conformes à la « vraie » image que l’on se fait d’un praticien.
Ce que chaque outil a demandé de moi
Depuis que je pratique la voyance professionnellement, je me suis formé à plusieurs outils. Ça a commencé par la cartomancie : le Dixit intuitif puis la cartomancie traditionnelle française.
Pourtant, malgré leurs aspects accessibles et maniables, je sentais que j’avais toujours besoin de m’adapter à elles pour les comprendre.
Et suite à un concours de circonstances, je me suis retrouvé à (ré)apprendre la chiromancie, et devinez quoi ?
Cet art de lire dans les lignes de la main me va comme un gant.
C’était la première fois que je me sentais parfaitement à ma place en faisant une divination : mes ressentis venaient plus spontanément, avec des détails encore plus étonnants mais surtout, je n’avais pas le sentiment de « forcer » mes ressentis et mes clés d’interprétation pour faire passer un message.
Ce n’était plus une combinaison à déchiffrer mais une présence à écouter.
C’est à ce moment-là où j’ai compris que ce n’était pas « l’outil le plus en vogue » qui me parlait le plus. C’était celui qui correspondait à la manière dont moi je percevais les choses : par contact plus que par symbole, et par le corps plus que par l’abstraction.
Ce qui en creux me distingue
Même si d’autres pratiques se sont ajoutées à « ma boîte à outils », j’ai aujourd’hui un lien très particulier avec cette lecture palmaire.
J’ai compris que les cartes, les lectures symboliques demandent une patience et une interprétation que je n’ai pas naturellement. Ce qui m’apporte le plus d’informations vient par une odeur, un mouvement, une sensation dans le corps. Cette place laissée à l’ambigüité et la spontanéité viennent donc beaucoup plus naturellement lorsque j’utilise la chiromancie.
Alors je me suis rendu à l’évidence, tous les praticiens ne fonctionnent pas de la même manière. Nos pratiques sont directement liées à notre façon de percevoir le monde, d’aborder son attention, de comprendre ses flashs et de ses clés d’interprétations (qui viennent souvent par la culture générale). Dons même si nous pratiquons le même métier, nous ne parlons pas tous le même langage.
Trouver sa langue plutôt que les apprendre toutes
Donc si je devais résumer ce qui m’a traversé l’esprit je dirais ceci : ne pas sentir un outil n’est pas un échec, c’est une information.
On nous vend l’idée qu’un bon praticien doit être polyvalent avec ses outils, capables de s’adapter à toutes les demandes avec tous les outils. Mais la polyvalence technique n’a rien à voir avec la justesse. On peut savoir faire un tirage sans jamais réellement voir à travers.
Le travail n’est pas d’apprendre tous les supports, mais d’apprendre à connaître ceux qui fonctionnent réellement. Dans ce sens, j’ai abandonné le pendule pour utiliser mes doigts, parce qu’être attentif aux sensations de mon corps est plus fiable que de me concentrer sur un élément extérieur.
Donc maintenant que j’ai compris qu’un support qui me paraissait vieillot avait plus d’affinité avec ma façon de percevoir, j’ai tout simplement appris à me décomplexer et je pratique une voyance qui me convient sur mesure.
Car comme vous le savez, l’essentiel de la divination est de savoir répondre avec clarté à nos consultants plutôt que de faire du spectacle.
PS. Dites-moi en commentaire, quel art divinatoire vous colle à la peau et vous donne des informations très spontanément ?





