Dans le milieu des tarologues et des cartomanciens français, nous sommes habitués à la pratique de la cartomancie française et du Tarot de Marseille.
Et au Tarot de Rider-Waite depuis quelques années.
Mais ce que nous oublions parfois, c’est que la cartomancie et la tarologie ont essaimé dans les pays voisins, et notamment en Espagne.
À ce propos, connaissez-vous la Baraja espagnole ?
C’est un jeu de cartes qui utilise les arcanes mineurs du Tarot avec un système qui rappelle que les cartes à jouer en sont issues.
Et Gabryann Myrddin, auteur prolifique, ésotériste et cartomancien chevronné vient de publier un manuel passionnant à son sujet : La Baraja espagnole, un tarot numérologique.
Qu’est-ce que la baraja espagnole ?
Issu de l’Espagne médiévale, ce jeu de 48 cartes* possède les 4 enseignes latines d’un Tarot classique : Coupes, Épées, Bâtons et Deniers.
Il diffère légèrement sur sa numérotation qui va de 1 à 9 (au lieu de 10) et sur ses personnages de cour.
Ceux-là sont au nombre de trois et tous masculins, bien que les Valets puissent représenter des femmes.
*parfois 40 cartes
Un cousin du Tarot de Marseille et de la cartomancie française
Les passionnés de Tarot et de cartes à jouer vont adorer ce manuel car s’il décrit un nouveau système de divination par les cartes, son cousinage avec notre Tarot de Marseille et nos cartes à jouer est très proche.
Et s’il m’a plu au point que je veuille vous le présenter ici, c’est parce que sa syntaxe m’est familière, même s’il existe des variations.
En effet, pour comprendre son langage et l’utiliser de la façon le plus optimale possible dans vos tirages, il suffit de faire se rencontrer la symbolique de ses numéros et de ses personnages de cour avec la symbolique de ses enseignes.
Ce que contient le manuel de Gabryann Myrddin
L’auteur, fin pédagogue et surtout praticien compulsif de moult cartomancies, vous propose une méthode simple pour prendre rapidement en main ce deck et faire des étincelles avec dans le cadre de vos tirages.
Après un rappel historique des origines de la Baraja, Gabryann Myrddin explique de façon claire mais érudite la structure du jeu ainsi que les définitions des cartes.
Et pour chaque étape, il donne les mots-clés principaux qui en synthétisent le fond, ainsi qu’un espace dans lequel l’élève-lecteur peut inscrire (et donc s’approprier) ses propres mots-clés par catégorie : le matériel, le sentimental, le spirituel et le conseil.
Bien entendu, une partie est consacrée à quelques méthodes et exemples de tirage afin que vous puissiez rapidement mettre en pratique ce que vous aurez appris.
Il n’y a pas ou peu de livres en français sur la Baraja. C’est sans doute pourquoi Gabryann Myrddin, auteur maison chez Trajectoire, a fait le choix de l’auto-édition pour celui-ci.
C’est aussi la raison pour laquelle j’ai souhaité interviewer cet auteur pour vous dans notre revue En Filigrane média, afin de lui donner la parole et de le laisser se présenter de façon plus informelle et plus chaleureuse.
Interview : Gabryann Myrddin se présente
Comment es-tu entré dans la cartomancie ?
Bonjour Gabryann, et merci de te prêter au jeu de l’interview pour mieux te présenter à nos lecteurs.
Tu es un ésotériste, cartomancien et auteur protéiforme. Peux-tu lister pour nous tes pratiques et nous révéler pourquoi et comment « tu es tombé dedans » ?
Bonjour Anna, merci beaucoup pour l’invitation.
Houlà ! C’est vrai que je suis un peu touche-à-tout…
Ma grand-mère tirait les cartes classiques quand j’étais enfant, et à l’âge de 10 ans j’ai suivi son exemple.
Parce que j’étais déjà très curieux à l’époque, cette passion m’a ouvert la porte des rayons ésotériques des librairies.
Ainsi, après la cartomancie, j’ai rapidement découvert le Tarot ainsi que d’autres formes de divination (astrologie, numérologie, runes, géomancie, etc.).
Mais je me suis aussi très vite tourné vers des pratiques ésotériques, allant de la magie médiévale — puis Kabbalistique — aux nombreuses formes de néopaganisme, en passant par la reconstitution de rituels antiques, etc.
Vers mes vingt ans, j’ai aussi choisi d’approfondir mes connaissances en magnétisme afin de canaliser un potentiel inexploité. Un cheminement qui s’est fait étape par étape.
Pourquoi autant de supports divinatoires ?
Tu es taromancien et tarologue, puisque tu tires les cartes et que tu te passionnes pour l’étude de ce deck merveilleux. Mais tu ne te cantonnes pas au Tarot de Marseille car tu étudies aussi de nombreux autres decks comme les cartes à jouer, ainsi que d’autres supports divinatoires telles les runes phéniciennes auxquelles tu as consacré un livre passionnant dont nous sommes fiers de parler ici , car nous l’avons lu.
Sais-tu pourquoi tu es un tel « homme-orchestre », un tel touche-à-tout avec les supports divinatoires ? Nombre de nos confrères se cantonnent à un support. Pourquoi est-ce différent chez toi ?
Oui, j’ai toujours aimé l’éloquence des cartes classiques autant que l’aspect mystique du Tarot.
Quand ma grand-mère sortait le Roi de carreau pour me parler de mon grand-père ou la Dame de cœur pour me parler de ma mère, c’était comme un conte magique qu’on me racontait.
Quand j’ai décidé d’étudier le Tarot (à 11 ans), j’ai d’abord choisi de m’immerger de nombreuses années dans la profondeur des 22 arcanes majeurs (particulièrement selon les écrits de Wirth, Lévi, Papus…)
Ce n’est que vers mes 16 ans que je me suis penché sur les arcanes mineurs.
D’abord selon l’approche de Waite (puisqu’ils sont illustrés), puis sur les versions plus « Marseille ».
J’ai aussi toujours aimé les autres supports, comme les runes effectivement. Les runes nordiques ont été mon initiation, puis les oghams. Et enfin, la découverte de l’alphabet phénicien (dans mon adolescence) m’a donné l’envie de créer des runes « phéniciennes ». D’abord pour moi-même. Ce n’est que de nombreuses années plus tard que j’ai pu les proposer sous forme de coffret livre-cartes, grâce aux Éditions Trajectoire.
Le pourquoi de cet engouement ? Je l’ignore…
Ce qui est certain, c’est que je n’ai jamais eu le sentiment de m’éparpiller mais plutôt d’explorer.
J’ai toujours été curieux de comprendre, d’apprendre, d’expérimenter, d’adapter…
Mes pratiques sont un peu comme ma spiritualité : avec une approche syncrétique.
Je ne vois pas les systèmes comme étant divisés. J’y trouve au contraire de très nombreux liens et échos, formant un tout cohérent.
Un très bel « orchestre » en tout cas, pour reprendre ton image.
Comment as-tu découvert la baraja espagnole ?
Peux-tu évoquer pour nous l’origine de ton engouement pour la Baraja espagnole ?
J’ai découvert l’approche spécifique de la Baraja il y a quelques années, grâce aux réseaux.
Je trouvais les tirages réalisés avec cette méthode très pertinents et j’avais envie d’en comprendre son fonctionnement.
Lorsque je contactais les personnes qui faisaient des tirages de Baraja, leur demandant des références de livres, de significations ou de mots-clés, tous me répondaient que la Baraja ne fonctionnait pas comme ça.
Qu’elle était beaucoup plus intuitive et adaptative.
Pour mon cerveau obsédé par le concret et le carré, c’était déconcertant…
Mais j’ai exploré, étudié, pratiqué longtemps.
J’ai traduit des livres, des blogs, des vidéos, j’ai expérimenté…
Et peu à peu, cette approche m’a permis de lâcher prise, d’oublier les tirages faits uniquement par ce que je connaissais intellectuellement des cartes, pour m’ouvrir à quelque chose plus dans l’ordre du ressenti.
Retrouver alors ma véritable intuition (pour ne pas dire « médiumnité ») que j’avais dû museler dans mon enfance.
De plus, cette approche était applicable autant avec les jeux à enseignes latines (tarots) que françaises (cartes classiques), soit mes deux amours.
Propos recueillis lors d’échanges de courriels.





