La synchronicité dans la cartomancie : quand l’expliquer reste un échec
L’apport des échanges intellectuels du Siècle des Lumières dans les progrès des sciences est indéniable.
Le petit « backlash » de l’ésotérisme du XIXe siècle pourrait sembler anecdotique à l’aune de ces progrès qui ont profondément modifié et amélioré nos sociétés quand les politiques y ont été enclins.
Et bien entendu, il y a matière à être satisfait de ce que la raison et la logique des sciences soient nos gouverneurs.
Y compris, n’ayons pas peur de le dire, quand elles dominent des maîtres de maison telles « les folles du logis », à savoir les voyants, les médiums et autres occultistes.
N’oublions pas que cela nous a permis de questionner nos pratiques et de vouloir expliquer ces phénomènes que vous vivons sans les comprendre.
Spoiler alert : nous n’avons toujours pas d’explication. Mais nous sommes têtus et nous ne réfutons toujours pas, par exemple, le phénomène de synchronicité entre une question posée par un consultant et la réponse proposée avec un tirage de cartes. Cela n’est nullement contradictoire. Mais à quoi bon nier des constats que nous n’expliquons toujours pas ?
Un changement majeur dans « le rituel » de notre pratique
Aujourd’hui, nous avons voulu nous débarrasser si fort des oripeaux de Madame Irma (à juste titre, cela va de soi) que nous tirons les cartes avec une sobriété et un détachement qui nous distinguent des phénomènes de foire.
Je constate en revanche une forme de contrecoup à cette police, à cette évolution qui désacralise notre pratique : certains praticiens traitent notre outil de divination par-dessus la jambe. Et cela a des conséquences.
Depuis que nous avons admis que nos Tarots, cartes à jouer, Belline ou Petit Lenormand n’étaient que des bouts de carton, il n’est pas rare pour certains de se laisser aller à une forme de négligence qui incline à tirer les cartes n’importe comment : ivres, en sifflotant, en récitant la liste des courses, devant Netflix, ou que sais-je encore.
En battant les cartes à tout berzingue, à l’américaine, en les faisant sauter par terre, etc.
Or, en faisant cela, les cartes « parlent » moins bien. Il y a des exceptions, certes, et je les attends dans les commentaires.
Mais globalement, nous avons désacralisé à outrance la pratique et donc notre outil favori.
Et la magie de la prédiction qui s’avère en est affaiblie.
Est-ce que dans ce cas le mieux est l’ennemi du bien ? Je suis au bord de le penser. Nous avons poussé le balancier tellement loin dans l’autre sens que la « magie » s’en est allée chez beaucoup de confrères et d’amateurs.
Nous espérons démystifier un jour cette magie de la voyance avec des explications rationnelles. Et nous y parviendrons sans doute. Si ce n’est pas à l’époque de nos générations contemporaines, ce sera à celle des suivantes.
Plaidoyer pour un instant magique
Quoi qu’il en soit, cette magie a besoin d’une forme de respect de la part du praticien pour opérer.
Appelons cela un état d’esprit ou une mise en situation si vous voulez.
Ce respect peut se manifester dans l’intention du cartomancien, qui peut renforcer cette dernière avec un rituel de son choix, pourquoi pas ?
Le résultat, aussi étonnant soit-il, sera là.
Son intuition grandira et ses tirages seront davantage pertinents.
Ce n’est pas parce que nous n’expliquons pas cette part de magie qu’elle doit être niée ou ridiculisée.
Que nous pouvons utiliser des cartes bas de gamme, laides, mal dessinées, sans symboles opératifs.
Que nous devons perdre notre capacité d’émerveillement car oui, ce qui participe à nous maintenir dans notre profession est aussi cela : réussir encore et toujours à s’émouvoir de ce que les cartes donnent une information qui devient dans un futur plus ou moins proche une vérité. Loin d’un effet Barnum de préférence.
Le petit truc en plus :
Le sacré est important. Y compris chez les profanes. Le respect de notre outil de travail devrait être le minimum dans notre déontologie. Ne serait-ce que parce qu’il nous fait vivre. Dans d’autres métiers, le travailleur prend soin de ses affaires. Pourquoi ferions-nous autrement dans notre communauté ?
Avec ou sans rituel (bougies, encens, tapis de tirage, etc.), accueillir correctement cet instant magique est nécessaire.
En étant soi-même dans les meilleures dispositions. Calme, lucide, en manipulant les cartes avec précaution.
Mettez-vous en état de recevoir la parole des cartes pour mieux les interpréter. Pour favoriser votre prédisposition à le faire.
Puis revenez me voir et dites-moi ce qui aura changé dans la qualité de vos prédictions.






[…] pense que vous l’aurez compris : je trouve ce jeu magnifique. Esthétiquement, c’est un bijou. Chaque carte est habitée, chargée de symbolisme, […]