Il y a un jeu qu’on ne voit pas suffisamment à mon goût. Un deck dont Shéhérazade elle-même aurait été verte de jalousie, tant il est beau. Un jeu créé dans les années 80 qui est devenu un “classique” de la cartomancie divinatoire, au même titre qu’un Belline ou un Petit Lenormand.
Ce jeu, c’est bien sûr leTarot Persan de Madame Indira. Mon oracle fétiche. Et ma mission du jour est de vous le faire (re)découvrir avec la fougue d’un missionnaire du dimanche.
Un tarot qui n’en est pas un
(on commence fort)
Bon, déjà, le nom est trompeur. Ce n’est pas un tarot. Il n’a pas la même structure, même si on parle d’arcanes majeurs et mineurs, ce ne sont pas les mêmes que ceux d’un tarot classique. C’est un peu comme dire qu’une galette est la même chose qu’une crêpe : on pourrait, mais ça fâcherait nos amis bretons 🤭.

Le jeu comporte 55 cartes, réparties en 19 arcanes majeurs (animaux, archétypes, bénédictions, malédictions…), 32 arcanes mineurs et 4 cartes complémentaires – les fameuses chouettes. Oui, des chouettes. J’y reviendrai.
Madame Indira, entre légende personnelle et biographie
Mais avant, un mot sur sa créatrice. Madame Indira (souvent citée sous le nom d’Indira Nahal) est décrite comme une médium de naissance, originaire d’Inde du Nord, ayant connu une enfance difficile en orphelinat, où elle aurait commencé très jeune à dessiner ses propres cartes et à avoir des visions. Plus tard installée en France, elle se fait connaître comme voyante et crée dans les années 1980 son tarot persan, influencée par le Tarot de Marseille, le Rider–Waite, la chiromancie et la lecture des feuilles de thé. On y retrouve également des symboles du Petit Lenormand. Un melting-pot assumé qui fait la force et la faiblesse du jeu.
Le résultat ? Un jeu aux couleurs chatoyantes qui évoque immédiatement l’univers des Mille et Une Nuits. L’iconographie s’inspire des contes orientaux : sultans, sultanes, main de Fatma, félin royal, soleil, scènes de fête ou de voyage, etc… Le jeu revendique un héritage culturel d’environ 2500 ans d’histoire, en réutilisant des symboles astrologiques et mythologiques propres au monde persan et à l’Orient au sens large. Vous me voyez venir, il va falloir se retrousser les manches.
Une structure spécifique
L’une des grandes différences avec un tarot traditionnel est le nombre de cartes par suite. En effet, pour chaque suite, il y a l’As, le 3, le 5, le 6 et le 10. Impossible de calquer les significations d’un 52 ! Et pour les figures de cour c’est la même chose, nous comptons le cavalier, la reine et le roi uniquement (exit le valet).

Les chouettes sont traditionnellement utilisées pour servir de datation bien qu’au fil de ma pratique je leur ai associé des significations complémentaires.

C’est d’ailleurs l’un des points parfois “bloquants” du Tarot Persan. La littérature est maigre. Hormis le livre officiel, écrit par Colette Sylvestre et Madame Indira, herself, il n’y a pas grand chose. Et encore, je trouve que cela reste très manichéen. En suivant les significations du livre, vous aurez dans un même tirage un mariage, une naissance, un divorce, un décès, la fortune et un beau voyage au loin. Ne riez pas, je l’ai déjà vu dans des vidéos YouTube. À qui arrive-t-il autant de choses en même temps ?!
Mais pour autant, soyons clairs : le livre est incontournable. On a la chance d’avoir le point de vue de la créatrice, ce serait dommage de s’en passer. Et surtout, il n’existe pas d’autre ouvrage sur ce deck (à ma connaissance). Mais, en tant que cartomancien, il m’a fallu travailler le sens des cartes, apporter ma réflexion personnelle pour y trouver quelque chose de plus large, cohérent et qui s’adapte à toutes les situations.
Tarot Persan : un tout-terrain
Evidemment, on peut le voir comme un jeu à haute valeur ésotérique. Mais il est aussi très bien ancré dans la vie terrestre, même si, à mon sens, il est un peu moins souple pour la guidance. Mais la divination est son terrain de jeu fav’ !
Comme beaucoup de jeux old school, il récompense la fidélité et le travail. Plus vous l’utiliserez, l’observerez et le combinerez avec d’autres jeux, plus vous trouverez de significations et de détails.
Certains le trouvent cash et un peu intimidant et si je devais faire de l’astro de comptoir, je vous dirais que je le perçois comme lion ascendant scorpion ! Il aime se faire voir, un peu drama queen (quoi de plus lion qu’un jeu qui s’appelle tarot alors que ce n’en est pas un ?) mais perspicace et il sait se montrer généreux avec les praticiens.
Pour conclure
Voilà pourquoi je vous en parle aujourd’hui. J’espère que je vous aurais donné envie de découvrir ce jeu, de vous plonger dans son univers des Mille et Une Nuits, et peut-être même de vous laisser séduire par ses chouettes mystérieuses. Que vous possédiez déjà le Tarot Persan et qu’il prenne la poussière sur une étagère, ou que vous hésitiez encore à l’acquérir, peut-être est-ce le moment de lui (re)donner une place sur votre tapis de tirage.
Je termine avec un petit aparté. Est-ce que j’ai une formation dans les tiroirs pour lui redonner ses lettres de noblesse ? c’est fort possible. Alors si ça vous intéresse, restez à l’affût !






Ça donne envie de le découvrir 😍
Avec plaisir Elfie, il gagne tellement à être plus mis en valeur !